Au nord de la ville, la vérité sur l’affaire de a BAC de Marseille

Marc La Mola

En avril 2021 s’est tenu le procès des 18 policiers de la BAC Nord de Marseille, interpellés en octobre 2012 pour corruption, racket, trafic de drogue et enrichissement personnel. Initialement présentée comme une véritable bombe – le service, considéré comme la meilleure BAC de France, s’est vu dissous –, l’affaire a en réalité mis en lumière le laisser-faire d’une hiérarchie soumise à la culture du résultat. Témoin direct de la paupérisation de la police et de son adhésion à la politique du chiffre initiée par Nicolas Sarkozy, Marc La Mola revient sur les tenants et aboutissants d’une affaire qui, dix ans plus tard, reste l’un des plus tristes scandales de l’institution policière. Un drame orchestré en cinq actes, dans lequel il dresse un état des lieux de ces cités marseillaises dont on parle beaucoup sans réellement les connaître. Un document coup de poing qui détaille, point par point, la politique de lente démolition du service public.

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Chroniques et avis

L’auteur, Marc La Mola, a su captiver mon attention tout au long de ma lecture grâce à son argumentation solide et à la pertinence de ses conseils. L’ouvrage se concentre sur l’affaire de la BAC de Marseille et aborde les défis auxquels les policiers sont confrontés dans l’exercice de leur métier. L’auteur utilise des métaphores pour décrire les événements, ce qui rend la lecture plus agréable et plus accessible. J’ai été particulièrement impressionné par la force des mots de l’auteur et par son expérience en tant qu’ancien policier. Il parle de l’affaire avec justesse et aborde les aspects souvent ignorés par les médias.
Avis du blog Amiral Lecteur

Marc La Mola, signe un livre coup de poing et sans concession sur la politique du chiffre. Il y décortique la mise en place, depuis 20 ans, des politiques publiques, en matière policière, « la paupérisation de la police, le tout répressif, la culture du résultat, le commissaire qui passe de vrai flic à manager… », qui ont mené à ce scandale. L’auteur reviendra sur les tenants et les aboutissants d’une affaire qui, dix ans plus tard, reste l’un des plus importants scandales de l’institution policière, un drame qui dresse aussi un état des lieux des cités marseillaises « dont on parle beaucoup sans réellement les connaître ».
Avis du journal La Provence

Livre qui permet d’y voir un peu plus clair sur cette sombre affaire qui a fait de la bac nord la bête noir de la police . On y apprend le pourquoi du comment et on découvre que le problème est venu de bien plus haut que ce qu’on nous a laissé percevoir.
Avis de Globemaster8 sur Babelio

Tout d’abord, la composition du livre sous forme d’acte est très originale et permet de bien poser le cadre, les faits, ainsi que les différents protagonistes de cette histoire plus que médiatisée. Le ton employé est très plaisant ; on sent que l’auteur aime malgré tout son métier, et qu’il sait de quoi il parle. Bien qu’un peu trop léger à mon goût sur le cœur même des faits reprochés à la BAC nord de Marseille, il parle bien du cadre dans lequel a eu lieu cette affaire : un personnel abandonné et sans moyen, au même titre que les personnes d’en face dans les quartiers nord. De plus, il publie son livre fin 2022 et fait le lien avec l’actualité, ainsi qu’avec les programmes présidentiels qui sont bien loin d’avoir les connaissances et les idées pour comprendre et aider à solutionner le problème du manque de moyens au sein de la BAC vis-à-vis de la paupérisation et du laissé-pour-compte des habitants des quartiers nord de la cité phocéenne.
Avis de Maailys sur Booknode

Interviews

Marseille : « 20 ans qu’on a mis en place le tout répressif, l’échec le plus monstrueux », estime Marc La Mola, ancien de la BAC Nord

INTERVIEW Marc La Mola

Ancien policier de la BAC Nord de Marseille, Marc La Mola revient avec Au nord de la ville, un livre sans concessions sur la politique du chiffre et qui explique, selon lui, comment est arrivée l’affaire de la BAC Nord. Aujourd’hui reconverti dans l’écriture et auteur de plusieurs essais et documents, il vient de publier Au nord de la Ville, chez Michalon. Dans ce livre, il étrille et décortique les politiques publiques en matière de police qui ont mené au scandale de la BAC Nord de Marseille.

En 2012, lorsque l’affaire de la BAC Nord éclate, comment avez-vous réagi ?

Je n’étais plus à la BAC, mais j’étais encore à la BSU nord de Marseille, comme officier de police judiciaire (OPJ). Donc, je voyais revenir les policiers de la Bac avec leurs interpellés et j’ai vu la lente chute de l’unité. On voyait la baisse de la qualité des interpellés et des interventions, des affaires faites pour faire du chiffre.

C’est tout simple, il faut faire un quota d’affaires, si vous n’avez pas, vous ramassez n’importe quoi. Alors, malgré tout, ils avaient une efficacité, car il y a tellement d’affaires sur le secteur nord qu’ils n’avaient pas de difficulté à en faire. Mais on voit très vite le niveau des affaires qui baisse, et les collègues qui se transforment en comptables.

Dans votre livre, vous êtes très critique envers les politiques et particulièrement Nicolas Sarkozy, que vous voyiez pourtant d’un bon œil à son arrivée. Pourquoi ?

Au début, comme beaucoup, je me laisse un peu berner par le personnage qui sur le plan policier annonce des choses qui semblaient, de la manière dont c’était énoncé, plutôt positives. On pensait qu’il allait prendre les problématiques policières à bras-le-corps. Néanmoins, très vite, on a vu ce que cela a donné. Notamment, dès le discours de Toulouse où il dit : « les parties de foot dans les quartiers, c’est terminé ». Donc, fin de la police de proximité, fin de la prévention. Mais si une police n’a pas de proximité, elle est inefficace. Au-delà de serrer des louches, c’est un réel outil de prévention et de renseignement.

Petit à petit, on a vu des changements, la prime au mérite, la culture du résultat, le management… Le commissaire, passe de vrai flic à manager, un statisticien avec son tableau excel. Et là, on assiste à cette décadence de la police. Je suis très critique sur les politiques, mais dans la police tout est politique.

Peu après l’affaire de la BAC Nord, suit rapidement l’affaire Neyret, cela ne traduisait-il pas un réel problème dans la police ?

L’affaire Neyret, c’est encore autre chose, un autre niveau. La BAC Nord, ce sont des entorses déontologiques et des petites infractions pénales. Neyret a un peu tout mélangé. Un excellent flic, mais il a perdu pied. La police a été mise en difficulté par rapport à ces deux affaires. Celle de la BAC Nord a mis en difficulté toutes les BAC, mais aussi la police marseillaise. Il y aura toujours une trace. Même chez les gamins des quartiers qui avaient 10 ans à l’époque et ont 20 ans aujourd’hui, vont te dire : « la BAC, ce sont des corrompus ».

Il y a, à Marseille, cette nouvelle stratégie du pilonnage, qu’en pensez-vous ?

Un plâtre sur une jambe de bois. Faute de faire autre chose, on va faire ça. On fait croire à une certaine catégorie de la population que la police est présente. On va pilonner. Alors ponctuellement, oui. Mais il ne faut pas se leurrer, la mise en difficulté des réseaux ne se fait pas par l’interpellation, mais par l’investigation.

C’est là que je reviens à la BAC Nord. Les collègues se sont substitués à la brigade des Stups. Il y avait des équipages qui faisaient quasiment que ça, sans en avoir ni les compétences, ni les réseaux, ni la formation ; et ils ont fait un peu n’importe quoi, se sont pervertis. Cela a donné ce qu’on connaît.

Le pilonnage, ça va faire plaisir à la presse, il va y avoir des beaux articles : « descente à la Casté, saisi de 3 kilos, et deux calibres ». Tout le monde est content. Mais enfin, quand tu interpelles un dealer, une heure après il est remplacé.

La suite de l’interview : https://www.20minutes.fr/societe/3297063-20220530-marseille-20-ans-mis-place-tout-repressif-echec-plus-monstrueux-estime-marc-mola-ancien-bac-nord

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